Je viens de lancer trois newsletters d’un coup. Et si tu m’avais vu il y a quelques mois, tu aurais parié zéro là-dessus, parce que pendant des mois, je n’ai même pas réussi à en lancer une.

Ce numéro, c’est le premier de « Comment systématiser ? ». Autant commencer par le système qui a rendu ce numéro possible, tout simplement. Parce que le blocage, il n’était pas là où je croyais.

Là où j’en suis

Trois newsletters actives, aujourd’hui.

  • lenydiallo, gratuite. J’y parle de tout, sans règles, c’est mon espace à moi.

  • Comment automatiser ?, payante. Les sujets que je maîtrise vraiment.

  • Comment systématiser ?, payante. Celle que tu lis. Je décortique des systèmes, le mien et ceux que je repère, pour montrer la mécanique dessous.

Trois rendez-vous. Trois lecteurs différents. Et le truc marrant, c’est que lancer la troisième ne m’a rien coûté de plus qu’une fiche à remplir et un numéro à écrire. Rien de plus. J’y reviens.

Ce qui a bougé (et pourquoi ça a mis des mois)

Alors, le blocage. Ce n’était pas d’écrire. Écrire, ça va, c’est même ce que j’aime.

C’était de choisir. Un seul sujet, parmi cinq ou six idées que j’avais toutes envie de faire. Et le problème avec choisir, c’est que dès que t’en prends une, faut enterrer les autres, faut se dire « OK, celle-là je la garde, les autres je les laisse tomber ». Et ça, j’en étais incapable. Donc je ne choisissais pas. J’attendais. Je cherchais LE bon sujet, celui qui allait tout justifier.

Sauf que LE bon sujet, il n’existe pas. Tu le cherches, tu le cherches, et pendant ce temps t’as zéro newsletter.

Et un jour, j’ai retourné le problème dans l’autre sens. Au lieu de me demander « laquelle je choisis ? », je me suis demandé « et si je les lançais toutes ? ». Bah oui. Pourquoi une seule, en fait. C’est quoi qui m’oblige à choisir.

La réponse, c’est le coût. Lancer une newsletter, ça coûte cher. Pas en argent. En travail. Faut une identité visuelle, faut une marque, et surtout faut une voix d’écriture. Faut que ça sonne comme toi, pas comme un communiqué. Et ça, faire ça bien, ça prend du temps. Donc si chaque newsletter demande de tout refaire, forcément tu ne peux en faire qu’une. Tu es forcé de choisir.

Donc j’ai séparé deux choses. Ce qui ne se fait qu’une fois, d’un côté. Ce qui se répète à chaque nouvelle newsletter, de l’autre.

Ce qui se fait une fois : la marque, l’identité visuelle, et la voix. La voix surtout. Et je vais te dire comment je l’ai capturée, parce que c’est le vrai truc. Je ne l’ai pas « décrite » à une IA, genre « voilà, j’écris comme ci, mon ton c’est ça ». Non. J’ai pris mon portable, je me suis enregistré, et j’ai raconté ma vie. Des vocaux. Et c’est là-dedans que le système va puiser après, dans ma façon de parler, dans comment je réfléchis.

Ce qui se répète, à côté : le nom du canal, à qui il parle, son angle. C’est tout. Une fiche à remplir.

Résultat, une marque et une voix partagées. Et chaque nouvelle newsletter, c’est juste un dossier de plus avec une fiche d’identité. À qui elle parle, sur quoi, quel ton.

Le chiffre

Il n’y en a qu’un, et c’est le seul honnête à ce stade. On est au démarrage, je n’ai pas de revenu à te montrer, pas de courbe d’abonnés qui monte. Ce serait mentir de faire semblant.

Le chiffre, c’est : 3 newsletters lancées depuis 1 système.

Et pas de variation à te montrer non plus, pas de « +2 ce mois-ci ». Je pars de zéro, c’est le tout premier numéro.

Ce qui a marché, et pourquoi

Lancer « Comment systématiser ? », concrètement, ça m’a demandé de remplir une fiche et d’écrire ce numéro. La marque était déjà là. La voix était déjà là, elle avait été capturée une fois, dans mes vocaux. Je n’ai rien reconstruit.

Et là, regarde ce qui se passe. Mon blocage, au départ, c’était que choisir un sujet m’obligeait à enterrer les autres. Mais pourquoi enterrer les autres, en fait ? Parce que chaque nouveau sujet voulait dire tout refaire, la marque et la voix à zéro. C’est ça qui rendait un deuxième choix impossible : pas le choix lui-même, le fait que le choix suivant coûtait aussi cher que le premier. Une fois la marque et la voix mutualisées pour de bon, ce coût a disparu. Le deuxième sujet ne me demandait plus qu’une fiche. Le troisième pareil. Donc je n’avais plus à choisir entre eux. Je pouvais tous les prendre.

Et c’est ça le mécanisme que je veux que tu emportes, pas le résultat. Le levier, ce n’est pas « lance plusieurs trucs », ce serait débile. Le levier, c’est : la partie coûteuse, tu la fais une fois, bien, et tu la rends réutilisable. Une fois qu’elle ne se paie plus à chaque coup, choisir n’a plus de coût, donc ce n’est plus vraiment choisir. La question « est-ce que je me lance ? » n’a même plus lieu d’être. Il n’y a plus rien à trancher.

Le raté

Maintenant, la partie moche, celle que je déteste montrer.

Pendant des mois, je n’ai pas su choisir. Je n’ai pas su m’engager. Et ça ressemblait à ça, concrètement : j’ouvrais un doc, je notais un sujet, je me disais « ouais, mais l’autre idée est peut-être meilleure », je fermais le doc. Je recommençais le lendemain, à la recherche de celle qui gagnerait toutes les autres. Je lisais ce que faisaient les gens qui avaient tranché, moi je n’écrivais toujours pas la première ligne. Toujours attendre d’être sûr.

Je te dis « quelques mois » comme si c’était rien, mais c’était long. Et le pire, c’est ce que ça a coûté.

Ça ne m’a pas coûté d’argent, enfin si. Ça m’a coûté du temps, oui, mais surtout de l’élan. Et l’élan, une fois que tu l’as perdu, tu ne le récupères pas en claquant des doigts. Tu repars de plus bas que si tu n’avais jamais commencé. Chaque semaine où j’attendais LE bon sujet, je ne gagnais pas de la clarté, je perdais de la vitesse.

Voilà. Ce n’est pas flatteur, et c’est censé ne pas l’être.

La leçon, et elle ne marche pas que pour les newsletters

Quand un choix te bloque, il y a deux réactions possibles.

La première, celle que j’ai eue trop longtemps : attendre d’être sûr. Sauf qu’attendre d’être sûr, c’est attendre indéfiniment, parce que la certitude ne vient pas avant, elle vient après. Tu ne seras jamais prêt en amont.

La deuxième : regarder ce qui rend ce choix coûteux, et construire un système qui le rend presque gratuit. Tu isoles ce qui est cher et réutilisable, tu y mets tout le soin qu’il faut, une seule fois. Et ce qui se répète, tu le rends bon marché.

Le jour où le choix ne coûte presque plus rien, l’excuse pour ne pas te lancer, elle disparaît. Elle s’évapore. Tu ne choisis plus « au lieu de », tu fais.

Et ça dépasse largement mon histoire de newsletters. Tu hésites entre deux offres à proposer à tes clients ? Regarde ce qui rend le fait de sortir une offre coûteux, et rends-le léger. Tu refais la même tâche client à la main chaque semaine ? Pareil. Le blocage n’est presque jamais dans le choix lui-même. Il est dans le coût caché derrière le choix. Attaque le coût, pas le choix.

Ce qui vient après

Bon, faut que je sois honnête sur où j’en suis vraiment.

Lancer, c’était le blocage. Je viens de le lever. Mais le prochain pari, c’est autre chose, et il est plus dur : tenir dans la durée, avec trois rendez-vous à honorer. Ça, je ne l’ai pas encore prouvé. Trois newsletters lancées, c’est une chose. Trois newsletters qui vivent encore dans six mois, c’en est une autre, et je n’y suis pas. Je le dis parce que je ne veux pas te vendre une victoire qui n’a pas eu lieu.

Il y a bien une autre question qui me trotte, mais elle vient après, et seulement si je gagne celle-là. Ce système, cette histoire de marque et de voix qu’on fait une fois pour les réutiliser, est-ce que je le garde pour moi ou est-ce que j’en fais un petit outil pour d’autres ? Le chantier est visible, c’est sur substackos.com. Mais tant que je n’ai pas tenu la distance, ça reste théorique. Une chose à la fois.

À toi

Alors je te pose la question, parce que ce numéro, c’est autant le tien que le mien.

Toi, en ce moment, il y a un truc que tu n’as pas lancé parce que tu n’arrives pas à choisir ? Une décision qui traîne depuis trop longtemps ?

Réponds-moi, raconte-moi. Je suis au tout début de ce système, et savoir où d’autres coincent, ça m’aide à comprendre s’il y a quelque chose à en tirer au-delà de mon cas.

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